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Lutte biologique - définition, exemples et techniques

 
Par Ana Diaz Maqueda, Biologiste spécialisée en éthologie. 12 mars 2020
Lutte biologique - définition, exemples et techniques

Vous êtes-vous déjà demandés ce qu'est une plaie ? A quel moment un animal ou une plante devient-il un véritable nuisible, ravageur ou fléau ? Le mot "plaie" est un concept anthropique dans lequel un organisme commence à entrer en compétition contre l'être humain et ses intérêts, c'est à ce moment que, comme en ancienne Égypte, cet événement, animal ou plante devient une plaie, un ravageur, un parasite...

C'est pourquoi, depuis le temps de l'Égypte antique, l'être humain a essayé de freiner la progression de ces animaux parce qu'ils peuvent dévorer tout sur leur passage, nous laissant dépourvus de nourriture, ou parce qu'ils peuvent nous transmettre de nombreuses maladies. C'est dans ces moments qu'est né la lutte biologique. Dans cet article Lutte biologique - définition, exemples et techniques de PlanèteAnimal nous allons vous expliquer ce qu'est la lutte biologique, quels sont les types de lutte biologique qui existe et, nous vous expliquerons également, en quoi ces techniques sont meilleures que les autres méthodiques éradication des ravageurs.

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Définition de lutte biologique

Dans la nature les plaies n'existent pas. Elles n'apparaissent que dans les systèmes modifiés par l'être humain. Dans les autres systèmes naturels, ces nuisibles seraient juste des animaux consommateurs. Mais... à quel moment une espèce se convertit-elle en plaie biblique ?

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un animal peut se convertir en fléau :

  • Il peut se produire que l'espèce nuisible ait été introduite ou qu'elle ait envahi un territoire par ses propres moyens. C'est le cas d'espèces exotiques qui, en arrivant dans un nouvel environnement, ne sont plus confrontés à leurs ennemis naturels.
  • L'existence de ressources excessivement abondantes, comme une culture, peut stimuler la prolifération de certains animaux.
  • L'utilisation d'insecticides non sélectifs peut provoquer la disparition d'animaux prédateurs qui gardaient sous contrôle certains insectes qui peuvent, si trop nombreux, devenir des ravageurs.
  • Un changement ou une mutation aléatoire chez une espèce au potentiel de ravageur peut la faire devenir invulnérable.
  • Peuvent se produire des changements dans les activités ou les habitudes des consommateurs.

Maintenant que vous savez ce qu'est une plaie, nous allons voir sur quoi est basé la lutte biologique contre les ravageurs. Cette méthode a eu de nombreuses significations tout au long de l'histoire. De nos jours elle est définit comme une méthode agricole qui introduit des prédateurs naturels, parasitoses ou d'autres stratégies naturelles qui permettent de contrôler les nuisibles, jamais pour les exterminer à 100% car cela impliquerait l'utilisation des méthodes interdites par la loi.

Techniques de lutte biologique

Selon la bibliographie, les méthodes de lutte biologique pourraient être nombreuses. Nous verrons ensemble les types de lutte biologique selon Eilenberg et al :

Lutte biologique classique

La lutte biologique classique consiste en l'introduction et l'acclimatation de nouvelles espèces entomophages, c'est-à-dire, qui se nourrissent d'arthropodes. S'introduisent généralement, d'un coup, des prédateurs exotiques des ravageurs également d'origine exotique. Le nouveau prédateur finit par s'acclimater au système. Dans cette technique on retrouve le contrôle biologique néoclassique. Dans ce système, sont introduits des ennemis naturels exotiques contre les nuisibles autochtones, cette méthode n'est, toutefois, en aucun cas recommandée.

Dans le programme de lutte biologique classique est catalogué la faune utile existante dans la zone où le problème a surgi car, parfois, la faune autochtone est capable de contrôler les ravageurs exotiques. En outre, la zone d'origine de l'espèce "nuisible" doit être identifiée car c'est à cet endroit que se trouveront leurs ennemis naturels.

Avant d'appliquer la technique une étude complète doit être réalisée, établissant une zone de quarantaine, en identifiant les espèces les plus intéressantes. Ensuite, peuvent être développés les ennemis naturels et solitaires de la zone. Toutes ces actions sont soumises à un contrôle et un suivi stricts de l'étude.

Lutte biologique de conservation

Avec cette technique, l'idée est de modifier l'environnement et manipuler l'habitat afin de favoriser et renforcer l'activité des ennemis naturels. Ces ennemis naturels sont déjà dans le système et ils peuvent être autochtones ou introduits par des stratégies antérieures. De manière résumée, l'idée est d'essayer de conserver que vous avez déjà.

Lutte biologique d'inoculation et inondative

Grâce à la stratégie d'inoculation, les agents de lutte biologique (prédateurs) sont introduits périodiquement, une ou plusieurs fois par an, afin qu'ils se multiplient et que ce soit leurs descendants qui finissent par contrôler l'infestation de nuisible, mais sans pouvoir s'établir de manière permanente. Ces agents doivent être développés massivement, raison pour laquelle il y a des entreprises qui s'en chargent.

La méthode inondative suit la même stratégie mais les prédateurs sont introduits massivement. Il existe, en plus, un contrôle éthologique des nuisibles qui, grâce à l'utilisation de phéromones et tous ses dérivés, à l'utilisation d'attractifs, de répulsifs et d'inhibiteurs alimentaires, arrivent à contrôler les infestations sans le besoin d'introduire des prédateurs.

Lutte biologique - définition, exemples et techniques - Techniques de lutte biologique

Lutte biologique contre les ravageurs et les maladies

Dans certains cas, les infestations peuvent provoquer des maladies chez d'autres animaux, comme l'être humain, à ce moment, on parle de zoonose, qui sont des maladies transmissibles à l'être humain. Une espèce ravageur très connue qui nous affecte de cette manière sont les rats. Au XIV ème siècle, une infestation massive de rats dans toute l'Europe a provoqué la propagation de la peste, au travers des puces que transportaient les rats, provoquant des millions de morts.

Dans l'Égypte antique, étaient utilisés des chats, animaux extrêmement vénérés, afin de maintenir sous contrôle les rongeurs, que ce soit pour éviter qu'ils ne dévorent les réserves de nourriture ou pour éviter l'apparition de certaines maladies, même si, à cette époque, l'existence des micro-organismes nocifs pour l'être humain étaient inconnus.

Exemples de lutte biologique

Pour conclure notre article Lutte biologique - définition, exemples et techniques, nous verrons certains exemples d'animaux prédateurs capables de contrôler les ravageurs :

  • Les coccinelles ou coccinélidés sont des prédateurs utilisés contre les infestations de pucerons.
  • Les chrysopes ou éphémères se nourrissent d'une grande variété d'insectes ravageurs, comme les pucerons ou les mineuses.
  • Les mille-pattes se nourrissent de nombreux insectes ravageurs, en plus, ils sont actifs la nuit, ce qui leur permet d'attaquer des animaux différents de ceux dont se nourrissent les prédateurs diurnes.
  • La fourmi tisserande (Oecophylla smaragdina) est utilisée pour réguler la population de punaises géante du Litchi (Tessaratoma papillosa) dans les plantations de citriques.
  • Certains hémiptères ou punaises comme l'Orius tristicolor ou le Podisus nigrispinus qui attaquent les larves de papillons ainsi que celles des mineuses.

Vous devez faire extrêmement attention à l'heure de mettre en place une lutte biologique, il faudra que vous réalisiez des études préalables et que vous réalisiez un suivi exhaustif. Il y a des cas dans lesquels un agent contrôleur s'est transformé en ravageur, comme ce qui c'est passé au XVII ème siècle avec le Martin triste, Acridotheres tristis, un oiseau indien qui a été introduit sur l'île Maurice afin de contrôler les populations de criquet rouge, Nomadacris septemfasciata. De nos jours, la population du martin indien est telle qu'elle est devenue une véritable plaie.

Lutte biologique - définition, exemples et techniques - Exemples de lutte biologique

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Bibliographie
  • Eilenberg, J. (2006). Concepts and visions of biological control. In An ecological and societal approach to biological control (pp. 1-11). Springer, Dordrecht.
  • Eilenberg, J., Hajek, A., & Lomer, C. (2001). Suggestions for unifying the terminology in biological control. BioControl, 46(4), 387-400.
  • Pell, J. K., Eilenberg, J., Hajek, A. E., & Steinkraus, D. C. (2001). Biology, ecology and pest management potential of Entomophthorales. Fungi as biocontrol agents: progress, problems and potential, 390, 71-154.

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